
Cycle conférences RRA 2026-2027
La violence
politique
ARGUMENT
Conférences
RRA 2026-2027
Si le fondement du politique réside dans le partage de valeurs consensuelles, le champ politique est aussi le lieu d’affrontements et de conflits dont les effets conditionnent l’évolution des sociétés. Dans les sociétés démocratiques contemporaines, la violence est ressentie comme une valeur négative, comme l’irruption de la force dans le domaine du discours, comme une transgression du politique conçu comme débat et comme compromis. L’émergence de la violence reste soumise à son encadrement discursif, notamment à sa justification, à son élaboration comme violence légitime — on pourra alors se livrer à une bataille rhétorique pour accuser son adversaire de représenter la force illégitime. Le surgissement de la violence dans le domaine politique révèle à coup sûr des crises et des fractures.
Notre cycle de conférences explorera le point de rupture qui constitue la violence politique, en particulier dans le rapport au racisme et à l’antisémitisme, comme pratiques, comme prétextes, comme signes dans le débat public. On constate notamment l’émergence d’une violence se légitimant à peu de frais de l’accusation de racisme, ce qui transforme cette notion en instrument polémique et non en catégorie descriptive. Nous aborderons ce que cette violence recouvre sur le plan de l’action et des discours, du projet et de la pratique, de l’institution et de l’idéologie. La question des valeurs, de la norme et de l’idéal, mais aussi l’articulation de la radicalité et de la normalité, de l’adhésion et de l’action, seront parmi les problématiques étudiées.
En effet, la violence symbolique et la violence verbale sont tendues par la question de leur matérialisation dans la violence physique. Il ne s’agit pas d’étendre la notion de violence à toute négativité, le risque étant d’instituer le moindre désagrément en catégorie politique. Au contraire, il s’agira de conceptualiser la notion de violence politique afin de ne pas la diluer dans une vague « violence sociale » qui n’aurait plus de pertinence analytique. Conceptuellement, il faudra ne pas oublier que la notion de violence suppose une agentivité propre, où l’intentionnalité d’un sujet cible un objet, et qu’elle peut s’envisager aussi bien comme moyen stratégique que comme pulsion incontrôlée.














